Abandon de blessés et de malades à l’adversaire

Une Partie au conflit peut être contrainte de battre en retraite précipitamment et d’abandonner des blessés et des malades. Dans de tels cas, la première convention lui demande de laisser avec eux une partie de son personnel et de son matériel sanitaires pour continuer à les soigner, pour autant que les exigences militaires le permettent. L’obligation n’est donc pas absolue, mais, comme le relève le commentateur de la première convention, cette disposition n’en constitue pas moins un devoir moral évident.
Il pourrait aussi arriver qu’une unité sanitaire gérée par le CICR se trouve sur un territoire tenu par une Partie au conflit mais sur le point d’être envahi par la Partie adverse.
Dans ces cas, le personnel sanitaire a évidemment une grande responsabilité à l’égard des blessés et malades. Il fera en tout cas tout son possible pour que ces blessés et malades soient placés dans les meilleures conditions matérielles et disposent de vivres et de matériel sanitaire, pour que l’unité soit clairement signalisée et que la Partie adverse soit informée. Celle-ci, rappelons-le, aura l’obligation de respecter, protéger et traiter avec humanité ces blessés et ces malades.
Le personnel sanitaire a-t-il l’obligation de rester ?
Nous avons vu que, sauf exception, les Parties au conflit doivent, dans ce cas, laisser une partie de leur personnel sanitaire. Le personnel sanitaire militaire d’une Partie au conflit peut donc se voir intimer l’ordre de rester et, dans ce cas, il n’a pas le choix.
Dans les autres cas, la question est plus délicate. On pourrait, bien sûr, comparer le chef d’une unité sanitaire au capitaine d’un navire et le personnel sanitaire à l’équipage. Dans un naufrage, ils devraient être les derniers à quitter le navire et ils ne sauraient laisser des passagers – ici des blessés et des malades – derrière eux. Mais on ne peut ignorer que de telles situations présentent de gros risques.
De ce fait, nous serions enclins, hormis le cas du personnel sanitaire militaire ci-dessus mentionné, ou celui où le personnel sanitaire aurait reçu des instructions expresses de la Partie dont il dépend, à laisser à ce personnel lui-même la responsabilité de prendre, au plus près de sa conscience, une aussi lourde décision.
Relevons cependant que de telles situations doivent rester exceptionnelles et que l’évacuation des blessés transportables des zones de combat devrait être prévue et organisée à temps.
Le personnel qui restera avec les blessés et malades fera en sorte qu’on puisse facilement l’identifier. Il n’utilisera en aucun cas les armes qu’il peut porter conte les soldats qui pourraient investir l’hôpital – à moins que l’un ou l’autre d’entre eux ne cherche à maltraiter les blessés ou malades – et cherchera, par le dialogue et la persuasion, à servir au mieux l’intérêt de ceux-ci. Il n’hésitera pas, le cas échéant, à soigner également les soldats nouvellement arrivés qui, blessés ou malades, requerraient des soins. Il cherchera à entrer aussi rapidement que possible en contact avec les autorités responsables pour examiner la situation, rappeler les obligations de ces autorités et parvenir à une solution aussi satisfaisante que possible pour les blessés et malades à sa charge.

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