Un anniversaire des conventions de Genève

« Le monde doit savoir ce qui s’est passé, et ne jamais l’oublier », déclare le général Eisenhower lors de la découverte des camps de la mort nazis, en 1945.
Sans nul doute, la décision d’élaborer les quatre Conventions de Genève signées le 12 août 1949 a été dictée par la violence sans précédent de la Seconde Guerre mondiale – dont souffrirent les militaires comme les civils –, et par l’horreur des camps.
Ces Conventions visent à combler les lacunes que le conflit a révélées dans le domaine du droit international humanitaire, et constituent une révision des Conventions de Genève déjà existantes. Née de la volonté d’améliorer le sort des blessés sur le champ de bataille, la première Convention de Genève, étroitement liée à la création de la Croix-Rouge par le genevois Henri Dunant, voit en effet le jour le 22 août 1864. Signée par douze États européens (dont la France), la Convention contient 10 articles définissant les normes à respecter pour le secours des victimes de guerre et le respect de ceux qui leur viennent en aide : « les ambulances et les hôpitaux militaires seront reconnus neutres, et, comme tels, protégés et respectés par les belligérants » (article 1). Un signe distinctif, la Croix-Rouge sur fond blanc, permet de distinguer les personnes venant en aide aux blessés. C’est la naissance du droit international humanitaire.
En 1949, la conférence diplomatique réunissant les représentants de 64 pays commence le 21 avril. Les délibération aboutissent, après quatre mois de travaux, à l’adoption de quatre conventions :
1. la Convention de Genève pour l’amélioration du sort des blessés et des malades dans les forces armées en campagne ;
2. la Convention de Genève pour l’amélioration du sort des blessés, des malades et des naufragés des forces armées sur mer ;
3. la Convention de Genève relative au traitement des prisonniers de guerre ;
4. la Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre.
Ces quatre textes élargissent considérablement la portée du droit international humanitaire – notamment par l’article 3, commun aux quatre Conventions de Genève, qui étend les principes des Conventions aux conflits armés non internationaux, et écarte ainsi certains obstacles liés à la souveraineté nationale. La plus grande avancée demeure cependant celle de la quatrième Convention relative à la protection des personnes civiles, qui offre aux civils une protection enfin analogue à celle des autres victimes de guerre. Ratifiées par 74 États dans les années 1950, par 48 autres États dans les années 1960, et par les États nés de l’éclatement de l’Union soviétique, de la Tchécoslovaquie et de l’Ex-Yougoslavie au début des années 1990, l’applicabilité des Conventions de Genève est devenue quasiment universelle.
On compte aujourd’hui 194 États parties.
Source : Gouvernement.Fr
Article inspiré de la déclaration de Philip Spoerri, directeur du droit international du CICR (Comité international de la Croix-Rouge), pour le 60e anniversaire des Conventions de Genève, le 12 août 2009 à Genève.
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