L’ONU appelle à combler les lacunes actuelles en matière de lutte contre la violence sexuelle dans les conflits

Lors d’un débat du Conseil de sécurité de l’ONU sur la violence sexuelle dans les conflits, deux hauts responsables de l’Organisation ont appelé jeudi les 15 membres à définir de nouveaux outils pour améliorer la réponse globale à cette question.
« Partout dans le monde, nous sommes les témoins d’un nombre effroyable d’actes de violence sexuelle commis en période de conflit », a déclaré le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, ajoutant que l’élan politique mondial actuel avait toutefois permis de réaliser certains progrès, y compris faire voler en éclat les tabous entourant cette question.
A ce titre, le chef de l’ONU a mentionné les résolutions du Conseil de sécurité qualifiant la violence sexuelle de crime de guerre, crime contre l’humanité et acte constitutif de génocide, ainsi que la proclamation du 19 juin en tant que Journée internationale pour l’élimination de la violence sexuelle dans les conflits.
M. Ban a noté que le déploiement sur le terrain de conseillers en matière de protection des femmes au sein des missions de la paix de l’ONU a contribué à un meilleur suivi des cas de violence sexuelle dans les conflits. Il a par ailleurs affirmé que les Nations Unies poursuivraient leurs efforts pour que les Casques bleus « respectent les normes d’intégrité les plus élevées envers les populations qu’ils défendent ».
Le Secrétaire général a par ailleurs déclaré que le verdict rendu récemment par la Cour pénale internationale (CPI) dans l’affaire Jean-Pierre Bemba, reconnaissant ce ressortissant congolais coupable de crimes commis en République centrafricaine en 2002 et 2003, y compris des violences sexuelles à grande échelle, est le signe que « le temps de l’impunité pour la violence sexuelle employée comme arme de guerre est révolu ».
M. Ban s’est par ailleurs dit particulièrement préoccupé par l’utilisation de la violence sexuelle par les groupes terroristes, tels que Daech et Boko Haram, pour attirer et retenir des combattants, mais aussi pour générer des millions de dollars de revenus, sous forme de rançon.
« J’attends une réponse forte et unifiée de ce Conseil aux préoccupations soulevées » par ces questions, a déclaré M. Ban.
S’exprimant également devant le Conseil, la Représentante spéciale chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit, Zainab Hawa Bangura, a noté que, sur les 48 acteurs pratiquant la violence sexuelle liée à des conflits à l’heure actuelle, 37 sont des groupes armés non étatiques.
« La violence sexuelle n’est pas accessoire, mais fait partie intégrante de l’idéologie et des objectifs stratégiques [de ces groupes terroristes en général, et de Daech en particulier]. Ils utilisent la violence sexuelle pour faire avancer leurs objectifs politiques, militaires et économiques. Ils ont utilisé le viol et le mariage forcé dans le cadre de systèmes de punition et de récompense au travers desquels ils consolident leur pouvoir et construisent leur soi-disant ‘Etat’ », a-t-elle dénoncé.
Notant que les instruments dont dispose le système des Nations Unies pour agir sur la question sont principalement conçus pour lier les États membres, Mme Bangura a donc appelé à développer de nouvelles approches et de nouveaux outils.
S’agissant des victimes, la Représentante spéciale a en outre rappelé qu’après avoir subi des violences sexuelles atroces, les victimes sont souvent confrontées à l’isolement et la stigmatisation à leur retour dans leur communauté d’origine.
« La violence sexuelle reste le seul crime qui stigmatise la victime plutôt que l’auteur », a-t-elle dénoncé, appelant à investir davantage dans la réintégration sociale et économique des victimes, mais aussi dans la protection de leurs enfants nés de viols.
Sur la base du constat de ces différentes lacunes dans la réponse apportée à cette question, Mme Bangura a demandé au Conseil de sécurité d’envisager une nouvelle résolution qui fournisse les « outils pour une réponse globale et multidimensionnelle qui prenne en compte l’évolution rapide du contexte international en matière de paix et de sécurité ».
Source : Relief Web
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