Faire respecter le droit international humanitaire par les Etats

Les humanitaires sur le terrain sont de plus en plus ciblés de manière directe lors des combats dans les pays en crise. Les pays incriminés parlent de  « dégâts collatéraux » et cherchent à banaliser la mort de personnes normalement protégées par le Droit International humanitaire. Action contre La faim directement touché en 2006 par la mort de 17 de ses travailleurs, n’a pas hésité à mettre l’Etat Sri-Lankais en face de ses responsabilités et à demander une enquête indépendante, tandis que Médecins Sans Frontières cherche à faire de même avec les Etats-Unis alors qu’un de ses hôpitaux a été récemment bombardé en Afghanistan. Serge Breysse, directeur département expertise et plaidoyer à Action Contre La Faim nous parle des enjeux en question.

Dans la campagne « protect aid workers / protégeons les humanitaires », ACF demande la création d’un poste de rapporteur spécial à l’ONU et espère que cette nomination aura lieu en 2016 en marge du sommet humanitaire mondial. Le manque de protection des humanitaires est dû au manque de compréhension des principes humanitaires et du cadre légal en général dans lequel opèrent les travailleurs humanitaires ainsi qu’à l’impunité qui suit ces drames. Un Rapporteur spécial aux Nations Unies chargé de la protection des travailleurs humanitaires, bien que faisant partie du système des Nations Unies, ne ferait pas partie du système humanitaire et ne prendrait pas part aux activités militaires et politiques des Nations Unies en général. Ce Rapporteur spécial pourrait travailler à l’échelle locale avec les autorités et les acteurs non étatiques armés pour sensibiliser l’opinion et promouvoir le travail et les principes humanitaires. Grâce à sa position particulière, il pourrait aborder certains aspects avec les gouvernements de façon confidentielle et renforcer la connaissance des acteurs non étatiques du DIH et des principes humanitaires et leur capacité à les respecter. Il pourrait également servir de point de contact aux personnels ne pouvant pas se tourner vers leurs propres agences pour obtenir de l’aide et effectuer un suivi des cas individuels auprès des familles et des autorités, de façon confidentielle. Sans interférer avec les efforts des agences pour accéder au terrain, il pourrait développer une meilleure compréhension et un plus grand respect de la nature de l’aide humanitaire à tous les niveaux. La création d’un Rapporteur spécial aux Nations Unies permettrait donc de donner un écho plus large à l’appel des agences pour le respect des principes humanitaires. Nous le voudrions agissant au cœur des crises pour s’assurer que toutes les parties respectent les travailleurs humanitaires tout en étant central dans la lutte contre l’impunité. Ces deux aspects sont essentiels pour une meilleure protection des humanitaires, et donc pour le maintien d’un accès à l’aide pour les populations touchées par les crises.

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