Les révélations d’un participant du procès de Nuremberg

Le premier octobre 1946, il y a 65 ans jour pour jour, prenait fin le procès de Nuremberg des criminels de guerre nazis. Les 11 mois du procès ont permis d’interroger 240 témoins à charge et à décharge, d’examiner environ 300 000 dépositions écrites et de nombreuses pièces à conviction. Les SS, la SD et la Gestapo ont été reconnues organisations criminelles et un verdict sévère a été rendu aux dirigeants du parti national-socialiste. L’Assemblée Générale de l’ONU a entériné les principes de ce procès judiciaire historique comme fondateurs dans la répression des crimes contre l’humanité.
Toutes les décisions prises à Nuremberg par le Tribunal militaire à l’encontre des principaux criminels nazis ont acquis aujourd’hui une grande actualité, – a révélé dans une interview à la Voix de la Russie, le diplomate et journaliste soviétique Enver Mamedov, un des rares participants encore en vie du procès de Nuremberg.
Les qualifications concernant l’agression et les crimes de guerres formulées au cours du procès figurent désormais dans la législation de nombreux pays. Ces décisions font toujours partie intégrante de la politique appliquée par l’ONU et résistent parfaitement à l’épreuve du temps. C’est pour cette raison qu’ont tort ceux qui s’érigent aujourd’hui en défenseurs des criminels nazis en prétendant qu’il ne fallait pas les pendre. C’était en fait un tribunal des peuples.
Mieux encore, les condamnés ont bénéficié des meilleurs défenseurs et avocats qu’on puisse trouver en Allemagne nazie. Il s’agissait des vieux messieurs à tête chenue en robes mauves qui faisaient l’impossible pour convaincre le tribunal de l’innocence de leurs clients. Certes, une partie de la faute incombait à Goering mais les vrais coupables étaient Hitler. Himmler et Goebbels qui ont causé le plus grand mal. Tous les autres devaient être entièrement blanchis.
Or, des milliers de documents dont allemands, soumis au tribunal, témoignaient des crimes les plus odieux qui appelaient une juste vengeance. Je pense qu’il fallait les pendre tous, alors que trois des accusés ont recouvré la liberté. Il s’agit plus particulièrement de Schacht qui était l’économiste attitré de Hitler et de Frisch, le bras droit de Goebbels qui empoisonnait les ondes. Même Funk, ex-ministre des finances et président de la Banque nationale qui conservait dans les coffres de sa banque les couronnes en or arrachées au dentier des prisonniers juifs brûlés dans les fours des camps de la mort de Treblinka, Osvientzim et Dachau, a fini par être libéré.
Aujourd’hui de nombreux éléments nationalistes radicaux ne ménagent aucun effort pour réécrire l’histoire  sous le couvert de la liberté d’expression. Mais c’est une peine perdue.
Les décisions du tribunal de Nuremberg ont été, sont et seront une assise solide du système juridique international, – estime Enver Mamedov.
Source : la voix de la Russie.
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