Le HCR lance une campagne pour aider 12 millions d’apatrides à travers le monde

Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a lancé jeudi une campagne visant à faire connaître le sort des 12 millions d’apatrides dans le monde. Les apatrides ne sont techniquement citoyens d’aucun pays, ils se voient donc souvent refuser les droits fondamentaux et l’accès à l’emploi, au logement, à l’éducation et aux soins de santé.
Parfois, ils ne peuvent pas posséder de biens, ni ouvrir un compte en banque, se marier ou enregistrer la naissance d’un enfant. Certains subissent de longues périodes de détention car ils sont dans l’impossibilité de prouver leur identité ou leur origine.
« Ces personnes ont désespérément besoin d’aide car vivre dans un vide juridique relève du cauchemar. Cela en fait des populations parmi les plus exclues au monde. Au-delà des souffrances causées aux apatrides eux-mêmes, la marginalisation de groupes entiers à travers plusieurs générations crée de fortes tensions dans les sociétés où ils vivent et c’est parfois une source de conflit, » a déclaré le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, António Guterres,
Cette campagne débutera quelques jours avant le 30 août, date du cinquantième anniversaire de la Convention de 1961 sur la réduction des cas d’apatridie. Le HCR estime à 12 millions le nombre d’apatrides dans le monde. Néanmoins, du fait de la nature même du problème, il est difficile de les compter avec précision, ce qui est l’un des principaux obstacles au règlement de la question. Des informations contradictoires étant combinées aux différentes définitions de l’apatridie, la vraie dimension du problème demeure difficile à saisir.
Le HCR s’efforce donc de mieux faire connaître la définition juridique internationale de l’apatridie, tout en améliorant ses propres méthodes de recueil de données sur les populations apatrides. Si l’on commence à peine à comprendre l’ampleur du phénomène de l’apatridie dans le monde, le HCR a constaté que le problème était particulièrement aigu en Asie du sud-est, en Asie centrale, en Europe de l’est et au Moyen-Orient. Néanmoins, des poches d’apatridie existent dans le monde entier.
La sécession d’une ou de plusieurs parties d’un territoire comporte un risque d’exclusion de certaines personnes en matière de droit à la nationalité si ces problèmes ne sont pas pris en compte suffisamment tôt dans le processus de séparation. La communauté internationale s’est félicitée de la naissance du Soudan du Sud en juillet, mais le HCR précise qu’il reste à observer comment les nouvelles législations en matière de nationalité seront appliquées au Soudan et au Soudan du Sud.
« L’éclatement des États, la formation de nouveaux pays, le transfert de territoires et la délimitation de nouvelles frontières ont été les principales causes de l’apatridie au cours des vingt dernières années. On a dénombré beaucoup de laissés-pour-compte, sauf lorsque de nouvelles législations ont été préparées avec soin », rappelle Mark Manly, le chef de l’Unité de l’apatridie à la Division de la protection internationale, au HCR.
Dans les années 1990, la désagrégation de l’Union soviétique, de la Yougoslavie et de la Tchécoslovaquie a rendu des centaines de milliers de personnes apatrides dans toute l’Europe de l’Est et l’Asie centrale, les groupes ethniques et sociaux marginalisés étant frappés le plus durement. Alors que la plupart des cas ont été résolus dans ces régions, des dizaines de milliers de personnes demeurent apatrides ou risquent de le devenir.
Une conséquence malheureuse de l’apatridie amène cet état à se perpétuer, a rappelé le HCR. Dans la plupart des cas, si les parents sont apatrides, les enfants le sont également dès leur naissance. Par conséquent, une nouvelle génération se retrouve aux prises avec la pauvreté et l’exclusion qui vont de pair avec l’apatridie.
Le problème est aggravé par la discrimination dont souffrent les femmes. Elles sont particulièrement vulnérables à l’apatridie. Une enquête du HCR a révélé qu’au moins 30 pays conservent des lois sur la citoyenneté qui exercent une discrimination à l’encontre des femmes.
Néanmoins le HCR a précisé que les États tendent de plus en plus à remédier aux inégalités discriminatoires à l’égard des femmes dans les lois sur la citoyenneté. Des pays aussi divers que l’Égypte, l’Indonésie, le Bangladesh, le Kenya et la Tunisie ont amendé leur législation pour accorder aux femmes des droits égaux à ceux des hommes pour le droit de conserver leur nationalité ou de la transmettre à leurs enfants.
Une caractéristique sous-jacente dans la plupart des cas d’apatridie est la discrimination ethnique et raciale qui aboutit à l’exclusion, quand la volonté politique fait défaut pour résoudre le problème a expliqué le HCR. Les groupes exclus de la citoyenneté depuis que des États ont accédé à l’indépendance ou ont établi qui sont leurs citoyens comprennent les résidents musulmans (Rohingya) du nord de l’État de Rakhine au Myanmar, certaines tribus montagnardes en Thaïlande et les Bidoon dans les États du Golfe.
Alors que la plupart des Roms possèdent la citoyenneté des pays où ils vivent, des milliers d’autres demeurent apatrides dans plusieurs pays d’Europe, a souligné le HCR.
Source : centre d’actualités de l’ONU.
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