Le pari de la guerre : guerre préventive, guerre juste ?

1er mai 2011 – Grotius.fr
C’est peu dire, la guerre fait retour. Elle n’est plus une affaire d’États en faillite qui guerroient en périphérie de la démocratie et du droit, mais implique désormais les puissances occidentales.
Et lorsque les États-Unis partent en guerre contre l’Irak, lorsqu’Israël frappe le Liban en 2006 puis Gaza en 2008, les armes donnent une nouvelle jeunesse à la vieille idée de la guerre préventive. Pourtant celle-ci demeure bien mystérieuse. Il est donc urgent d’accorder attention et réflexion à la guerre préventive pour reconsidérer la condamnation a priori et sans appel de l’action américaine fondée sur l’idée qu’elle ne serait que l’émanation de la volonté de puissance. Comprendre la guerre préventive, c’est avant tout faire l’analyse de sa justification.
Pour des raisons évidentes, la guerre préventive se veut juste et pourtant elle n’est pas strictement défensive. Les États-Unis sont une grande puissance, un hégémon. Israël est une puissance régionale, pourtant ils ont tous deux besoin de convaincre et élaborent une doctrine de la prévention dont les termes se recoupent.
Ce livre montre comment la guerre préventive est indissociable de sa justification en relevant de nombreuses occurrences historiques qui font mieux comprendre les problèmes contemporains posés par la politique de prévention. Il fait voir quel est le trajet de cette idée en suivant les méandres de la tradition de la guerre juste et les âpres querelles juridiques qui opposent les défenseurs des droits de l’homme aux juristes militaires. Dans les faits, il montre comment la tentation de justifier l’action préventive est plus forte aujourd’hui, alors même que les armes sont plus précises, ce qui rend le calcul des chances d’obtenir un succès militaire à moindres frais plus engageant.
Cette tendance actuelle à saisir sa chance au jeu de la guerre laisse entrevoir une question aussi simple que forte : la guerre est envisagée comme un pari, dans sa réalisation comme dans sa justification. Mais peut-on vraiment faire le pari de justifier une guerre qui parmi les guerres est la plus hasardeuse qui soit ?
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